Langue arabe : langue vivante ou morte ?

On dit que chaque langue vaut une culture. Aux citoyens qui cherchent à gagner la nationalité de tous les pays, aucune langue n’est difficile à acquérir… sauf quand il s’agit de la leur !

©SyrajArabicBooks

Malheureux sommes-nous, de ne pas pouvoir transmettre à nos enfants aujourd’hui, la langue de leurs ancêtres. La mondialisation qui bannit les frontières entre les êtres humains sur terre n’a pourtant pas prôné l’effacement des particularités socioculturelles des peuples.

Pourquoi les Libanais « modernes » ne savent plus parler libanais ? Pourquoi ne savent-ils plus écrire l’arabe ?

S’agit-il d’une appartenance identitaire que l’on renie inconsciemment ?

S’agit-il d’une démission profondément affective, voilée derrière une paresse intellectuelle ?

S’agit-il d’un héritage parental que nous n’avons plus envie de léguer à notre tour ?

Comment se fait-il qu’un Libanais moyen parle parfaitement le français ou l’anglais, mais est toujours incapable de tenir un discours complet en arabe ?

« Franco-Libanais », le Lycée, n’a-t-il pas à agir de pair avec les parents d’élèves pour que la langue arabe soit pour nos enfants source de plaisir, outil de socialisation et de savoir?

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Mariange Nohra Merhi
Psychothérapeute

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2 réflexions sur “Langue arabe : langue vivante ou morte ?

  1. Les psy posent des questions et les patients répondent. A défaut d’être patient je me permets de commenter. Oui, les Libanais renient leur(s) appartenance(s) identitaire(s). Oui nous sommes en train de démissionner, de rompre avec une éducation parentale que nous réfutons en partie…
    Mais est-ce vraiment notre faute ? L’arabe est certes une richesse, mais n’est-elle pas également une barrière ? Peut-on dire à un enfant, avec les mêmes mots – ceux de l’écrit et ceux de l’oral : “il est temps d’aller au lit ”, ou ne faut-il pas utiliser des vocabulaires totalement différents ? N’y a-t-il pas schizophrénie dans cette langue que l’on entend différemment sur nos écrans télés, et sur nos lèvres ?
    Si l’on parle aussi bien le français ou l’anglais, c’est parce que ce sont des langues réellement vivantes. L’arabe lui, n’a presque pas bougé. En tous les cas pas aussi vite que les autres langues que nous pratiquons.
    Alors oui il faut apprendre l’arabe, mais il faut aussi questionner cette langue. Profiter de notre double expérience de « Franco-Libanais » pour élargir le débat et permettre aux choses de bouger de l’intérieur autant que de l’extérieur.
    Certains exégètes de la langue arabe ont depuis longtemps commencé ce débat, et certaines réponses ont déjà été proposées. Mais peu sinon aucune de ces « solutions » n’ont été appliquées. Moi même, je ne suis pas sûr de l’efficacité de ces solutions mais suis sûr qu’il est temps de bouger.

    La Mission Laïque – toujours pionnière dans ces programmes d’étude- semble être pieds et poings liés à une méthode d’arabe imposée par l’Etat libanais et qui reste très archaïque. La encore, ne faut-il pas innover, rompre en partie avec cet héritage desué ?

    Philippe ARACTINGI
    Cinéaste

  2. Merci pour ton commentaire. Poser des questions, c’est deja amorcer des reponses…en tout cas des tentatives.
    Ce qu’un individu ne peut pas faire tout seul, deux, trois ou quatre personnes, peuvent l’effectuer…
    Ensemble, nous faisons certainement bouger les choses, dans un sens ou dans un autre… Continuons !

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