Mouvement de grève des enseignants : quelques éléments d’information

La récurrence des mouvements de grève des enseignants depuis la rentrée inquiète à juste titre les parents. Face à la circulation d’informations contradictoires et au manque de communication (puisque les parents n’ont reçu aucun sms annonçant la grève du 27), nous avons tenté d’y voir plus clair en interrogeant le comité des parents et quelques enseignants. Voici une petite synthèse sur cet épineux problème pour tenter de comprendre la situation au Glfl :

Une manifestation des enseignants le 15 décembre 2011

-Les augmentations des frais de scolarité qui ont été votées l’année dernière concernaient la revalorisation des salaires des enseignants (loi 159 et 223). 4,5 échelons supplémentaires ont été accordés aux enseignants (avec rétroactif depuis 2010) + une prime de cherté de vie pour les personnels non enseignants. Elles ont été versées intégralement aux personnels concernés contrairement à la rumeur publique (ce qui n’est pas le cas dans certaines écoles).

-Concernant le mouvement actuel, il s’agit d’un bras de fer entre le syndicat des enseignants et le gouvernement concernant la revalorisation des grilles de salaire qui n’ont pas bougé depuis 1996, et l’application de la prime de cherté de vie aux enseignants des écoles privées. La pression sur le gouvernement concerne également les enseignants du public. Des fonctionnaires ont également rejoint au mouvement. Le droit de grève constitue un droit et une liberté inaliénables que l’on se doit de défendre que ce soit pour nous pour les autres (voir article de Michel Touma dans l’Orient le Jour). Les parents ne peuvent en aucun cas s’y opposer sous prétexte qu’ils ont payé des frais de scolarité pour leurs enfants.

-Concernant le Glfl en particulier, le syndicat des profs est très actif au niveau national. Cela signifie qu’un mouvement de grève décidé au niveau national a de fortes chances d’être  appliqué au Glfl (sous réserve d’un vote dans ce sens par l’assemblée générale des enseignants). Dans d’autres écoles (et nous ne parlons pas des cas où les profs ont simplement subi des pressions pour ne pas faire grève), des compromis ont été passés entre les enseignants et la direction, comme par exemple le  paiement de la prime de cherté de vie indépendamment du vote de la loi. Il faut comprendre que de telles négociations au cas par cas entravent l’obtention d’une solution nationale, durable et bénéficiant à tous les enseignants (notamment ceux subissant des pressions de la part de leur établissement).

-Pour en revenir aux parents, les problèmes  sont de trois ordres :

  1. Puis-je envoyer mon enfant si je n’ai personne pour le garder à la maison? Théoriquement oui. Un service minimum a été mis en place par le Glfl. Mais il n’a manifestement pas permis d’accueillir suffisamment d’enfants. Nous demandons donc qu’il soit renforcé et étendu, dans le cas où le mouvement de grève perdurerait pour permettre l’accueil de davantage d’élèves en toute sécurité. Nous souhaitons que le Glfl informe mieux les parents sur ce dispositif.
  2. Les jours de grève seront-ils rattrappés? Pour les classes à examen la question ne se pose pas puisque les cours sont assurés. Pour les autres classes, manquer quelques jours n’est pas la fin du monde (qu’on se rappelle les scolarités perturbées durant la guerre). Des solutions sont étudiées mais il n’est pas facile de trouver un consensus.
  3. Est-ce que les scolarités vont continuer d’augmenter? Pour ce dernier point, il y a d’âpres négociations entre le comité des parents et l’administration afin de limiter au maximum la contribution des parents. Nous espérons que le comité pourra obtenir la transparence demandée par les parents et freiner l’augmentation des factures. Nous payons des scolarités importantes sans savoir exactement comment sont réparties les dépenses.
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